Le quotidien "L'Humanité" revient, dans son édition en date du Jeudi 28 Juillet, sur un constat qui se fait de plus en plus jour : "la mauvaise fièvre du service public des musées".
Un dossier de trois pages décryptent les raisons et les conséquences de ce mal être vécus par les professionnels de la culture et, dans le cas présent, des musées et des lieux historiques.
Le premier article, rédigé par Magali Jauffret rappelle que "la révision générale des politiques publiques (RGPP), qui prévoit de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, s'applique aux musées et fait que les mêmes missions de service public sont à assumer avec toujours moins de moyens". L'article se base notamment sur un rapport des médecins de prévention du Centre des Monuments Nationaux (Décembre 2009) pour illustrer ce mal être qui gagne la profession : "les agents insistent, dans certains services, sur la discordance des ordres; dans d'autres, sur des mises au placard. Sont observés des troubles du sommeil, de la mémoire, une apparition de fatigue, une augmentation préoccupante de la consommation de cigarettes, d'alcool et de médicaments", ce qui pourrait laisser craindre un "syndrome France Télécom".
Il faut dire que les musées connaissent un désengagement accru de l'Etat, notamment dans les crédits d'attribution d'oeuvres, ainsi qu'une politique managériale dictée par l'événementiel.
Ainsi, le Livre Blanc des Conservateurs de Musée indique : "nous exprimons notre désarroi face à une obsession de l'événementiel qui conduit à concevoir des expositions rentables".
En outre et toujours selon cette logique de rentabilité, Roland Recht, professeur au Collège de France interviewé par "L'Huma'" estime que les "opérations événementielles faisant croire qu'on est dans une logique d'enrichissement du patrimoine [ont des ressorts qui] sont bien souvent commerciaux et économiques".
Les professionnels se trouvent confrontés "aux mêmes problèmes que les hôpitaux et les universités" à savoir des crédits largement amputés depuis quelques années.
A titre d'exemple et pour illustrer la gravité de la situation, "L'Humanité" évoque les services du Musée du Louvre, l'un des plus célèbres et réputés au monde : "l'établissement prestigieux a eu recours, faute de sponsors, à 7 000 petits donateurs pour acquérir in extremis 'Les Trois Grâces', fameuse huile sur bois peinte en 1531 par Lucas Cranach l'Ancien. Car le budget d'acquisition des oeuvres a reculé de 46% en 2010".
Magali Jauffret pointe aussi, en guise d'ouverture de débat, la problématique des offres venant de collectionneurs étrangers qui, "désireux de promouvoir leur culture, orientent le contenu de nos collections publiques".
Si cette tendance peut être louable - l'art n'est-il pas universel - il pose la question des aléas politiques.
Comme l'indique la journaliste : "On a vu ce qui est advenu de l'année du Mexique. On ignore, en ces temps de massacres de son peuple, ce que deviendra l'accord franco-syrien de coopération culturelle prévoyant, notamment, la modernisation du Musée National de Damas...".
Pour conclure cet article, je souhaiterai également vous faire part des recommandations de la Commission sur l'hôtel de la Marine (Paris), présidée par Valéry Giscard d'Estaing, "L'Humanité" reprenant les éléments essentiels dévoilés par la Commission à la mi-Juillet.
Comme vous l'avez sans doute entendu ou lu dans la presse, le prestigieux monument parisien avait été "repéré" par des investisseurs privés, notamment étrangers. Il serait ainsi souhaitable aux yeux de la Commission, de retenir le Louvre comme "partenaire privilégié de l'Etat pour rendre au public" le monument, la Commission estimant que "l'hôtel de la Marine appartenant au peuple français, il convient de lui restituer ces lieux en lui permettant d'y avoir accès" ouvrant également la possibilité d'inscrire noir sur blanc que "les immeubles qui ont abrité les activités souveraines du peuple français et qui présentent un intérêt historique et architectural majeur ne peuvent être ni vendus ni concédés".
Maintenant, il faut attendre et voir si les pouvoirs publics en charge du dossier, passerons des discours aux actes!















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