Mercredi 21 décembre 2011
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Publié dans : Politique Internationale
A l'heure où certains se demandent si la France doit participer à la reconstruction de l'Institut d'Egypte au Caire et à la
protection des oeuvres littéraires et archéologiques, je réponds clairement par un immense "Oui", comme je l'ai indiqué
à deux reprises au cours des derniers jours.
Ce soir, je me permets de vous retranscrire un extrait du dernier numéro du magazine "Les Cahiers de Sciences & Vie" qui consacre actuellement une série d'articles plus passionnants les uns que les autres au
"Nil des Pharaons, aux sources du génie égyptien". L'un de ces articles concerne l'incroyable opération de déménagement de 22 temples de Nubie lors de la mise en eau du barrage d'Assouan
au début des années 1960, et un passage m'a particulièrement interpellé. Il mentionne le cas du temple d'Amada. Je vous propose ci-dessous cet extrait, riche d'enseignements au regard de la
situation actuelle :
"Après le déplacement de Ouadi es-Seboua, Derr, Dakka, Maharaqa, ainsi que la tombe de Pénout à Aniba, au printemps 1964, le
temple d'Amada est un cas délicat. Impossible de découper en blocs ce sanctuaire, symbole de l'art de la XVIIIe dynastie : ses décors d'enduits sculptés et peints n'y résisteraient pas.
Quand les architectes proposent de déposer le temps entier sur des rails pour le transporter en un lieu plus élevé, Christiane Descroches-Noblecourt
(ex-conservatrice en chef du département des antiquités égyptiennes) n'hésite pas une seconde : 'La France le sauve!'
Mis au pied du mur, De Gaulle est moins enthousiaste : "Comment, Madame, avez-vous osé
dire que la France sauverait le temple, sans avoir été habilitée par mon Gouvernement?' 'Comment, Général, avez-vous osé envoyer un appel à la radio, alors que vous n'aviez pas été habilité par
Pétain?', rétorque le conservateur.
Le général sourit. Amada sera déménagé par train, aux frais de la France".
Pour comprendre au mieux la réalisation de ce sauvetage, qui constitua pour l'époque une véritable prouesse technique, je vous
invite à visionner un document en date du 17 Mars 1965 (INA), ci-dessous :
Chacun peut se faire une opinion de cette anecdote.
Pour moi, elle est le reflet du courage que la France peut témoigner à l'égard de grande cause. Aujourd'hui, la protection et la
préservation des richesses archéologiques et culturelles d'Egypte en est une!
Comme j'ai eu l'occasion de le dire, nous connaissons - comme toutes les économies du monde
- une crise majeure, mais l'ignorance et l'obscurantisme auraient des conséquences désastreuses et c'est en cela, que la mobilisation de la France et des institutions internationales doit se
mettre en marche, il en va de la préservation des richesses d'une civilisation qui a tant apporté à l'Humanité toute entière.
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