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Chemise bleue et fines lunettes, Mahmoud Vahidnia attend impatiemment son tour, en levant haut la main. Ce mercredi 28 octobre, le guide suprême, l'ayatollah Khamenei est venu s'adresser à un
parterre de « jeunes élites ». Au moment de la séquence des questions-réponses - qui précède son discours -, l'étudiant est alors invité à venir s'exprimer à la tribune. Après tout, quel meilleur exemple de réussite que ce jeune homme, élève de la prestigieuse université Sharif, et champion national des Olympiades de
mathématiques...
Son intervention prendra tout le monde de cours. Dans un rare excès de sincérité, Mahmoud Vahidnia se lance dans un vaste plaidoyer contre
le régime. Tout y passe : la dénonciation de la violence post-électorale, de la censure imposée par les média officiels, du manque de liberté...
Le guide religieux - qui déclara, il n'y a pas si longtemps, que la critique des résultats du scrutin du 12 juin constitue un « délit » - n'est pas, non plus, épargné.
Il est accusé de vivre dans une bulle, inconscient du mécontentement croissant de sa propre population, et aveuglé par les images partiales diffusées par la télévision
iranienne.
Très vite, plusieurs sites réformistes, dont Mowjcamp, s'empressent de relayer l'affaire. La télévision BBC en farsi a, pour sa part, rediffusé des extraits de la rencontre [...]. Face, sans doute, au flux
ncontrôlable de l'information,le site
d'Ali Khamenei évoque, lui aussi, cet échange inattendu.
Voici, pour les non persanophones, quelques extraits du discours de Vahidnia
:
A propos de la télévision d'Etat :
« Notre télévision d'Etat montre-t-elle une image bien réelle et fidèle au monde et à notre pays ou bien est-ce une image mensongère et caricaturale ? Notre télévision
d'Etat est-elle vraiment sincère et juste ? Bien que mes propos aient une consonance interrogative, ce ne sont pas vraiment des questions mais plutôt des affirmations et vous savez très bien de
quoi je parle... La télévision travaille sous votre contrôle et c'est vous seul qui nommez son président. Alors de deux choses l'une : Soit ils agissent sous votre ordre, soit
vous n'avez aucun pouvoir sur eux. Pensez-vous vraiment que durant ces trente dernières années, notre population s'est dirigée vers une société véritablement islamique et morale
?»
A propos de la répression :
« Dans une famille, lorsqu'un
litige oppose deux frères, si le père s'en mêle et réagit brutalement avec le petit frère, le grand frère se permettra aussi d'être très violent avec son petit frère. Vous qui êtes le guide et en
quelque sorte le père de la société, quand vous réagissez ainsi avec vos opposants, il arrive ce qui est arrivé dans les prisons et que nous savons, car ceux qui sont au-dessous de vous se
permettent de faire des choses qu'ils ne devraient pas faire. A propos des prisons, d'ailleurs, je me souviens que dans l'un de vos discours vous aviez dit que vous puniriez sérieusement les
coupables des actes commis dans les prisons... Mais dernièrement, j'ai moi-même assisté à une manifestation pacifique, où et la police et des hommes en civils sont encore intervenus et nous ont
tous embarqués... »
A propos du droit à la critique :
« Je ne comprends pas pourquoi
dans ce pays personne n'a le droit de vous critiquer. Pendant ces cinq dernières années, j'ai régulièrement consulté les journaux, et je n'ai jamais vu la
moindre critique à votre égard. Même l'Assemblée des Experts, dont c'est le rôle, n'ose jamais vous critiquer ».
En 20 minutes, régulièrement interrompues par quelques applaudissements sporadiques, mêlés à des appels au «
respect » du régime, Mahmoud Vahidnia vide son sac. Prise de court, la télévision iranienne finit par interrompre prématurément son programme, censé rediffuser la séance en direct. Dans la foule,
un homme lance à l'étudiant : « Si la critique n'était pas permise, tu ne serai pas en train de critiquer ».
A son tour, Ali Khamenei prend la
parole, en disant d'abord que, lui aussi, n'est pas toujours d'accord avec la télévision et que même s'il en choisit le directeur, la télévision ne fait pas tout ce qu'il lui
demande.
« Nous n'avons jamais dit que personne ne peut nous critiquer », enchaîne-t-il. « La critique est bienvenue.
Je suis régulièrement critiqué. Nous acceptons la critiquer et nous la comprenons », déclare-t-il alors, selon les informations postées sur son site Web.
Cependant, les sites réformistes s'inquiètent du sort de Vahidnia. Il
aurait, d'après eux, été pris à partie par les forces de l'ordre à la fin du meeting. Selon la rumeur - non vérifiable, pour le moment - , il aurait même été
arrêté.
Des vidéos circulant sur YouTube se font, elles, le relais de la discrète solidarité estudiantine envers le
jeune mathématicien. « Allah Akbar ! Mort au dictateur ! », y hurlent, dans la pénombre, les pensionnaires du dortoir de l'université Sharif (voir vidéo
ci-dessous).
Agé de 20
ans, j'ai obtenu il y a deux ans, un Baccalauréat Economique & Social (SES). Je suis actuellement étudiant en 3e année de Droit à la Faculté de Droit & des Sciences
Economiques de Narbonne (11).
J'envisage une carrière politique et/ou dans le domaine du Droit Public.
Ouvert depuis plus de trois ans, ce blog est un lieu d'échanges et de réflexions.
Je rédige régulièrement des Billets d'Humeur centrés sur l'actualité nationale et internationale,
avec aussi mes points de vues et mes propositions dans plusieurs domaines de société (éducation, environnement, social, sport...).
Je propose également un suivi de l'actualité du Parti Socialiste, dont je suis adhérent depuis le
mois de mars 2008. Vous trouverez aussi des articles basés sur le parcours de Ségolène Royal,
candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007. Femme de terrain, elle met en pratique la politique "par la preuve", notamment dans la région qu'elle préside; le Poitou-Charentes.
Enfin, mon blog fait une place particulière à l'actualité locale, à savoir la vie politique et publique en Languedoc-Roussillon ainsi que les actions du Conseil Régional
(2004-2010).
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