Ségolène Royal érige les licenciés de Moulinex
en symbole de son combat anti-licenciements
C'était de son propre aveu le moment "le plus fort" de ses deux journées en Bretagne et en Basse-Normandie: venue échanger mercredi à Caen avec d'anciens salariés de Moulinex frappés par le plan social de septembre 2001 qui laissa plus de 3.200 personnes sans emploi, Ségolène Royal s'est engagée à "sanctionner" les entreprises aux "comportements totalement immoraux" et à rééquilibrer le rapport de force entre employés et salariés.
Parmi les anciens salariés licenciés du groupe électroménager, qui travaillaient sur les sites de Bayeux ou Cormelles-le-Royal dans le Calvados, près de 800 se sont réunis dans l'association Apic mx (Accompagner, Professionnaliser, Insérer, Créer) pour s'entraider et essayer de se réinsérer. Plusieurs anciennes salariées étaient venues rencontrer celle qui promet d'être "la présidente du travail pour tous".
"C'est elle qui a demandé à nous rencontrer parce que le dossier Moulinex est un dossier emblématique, avec 3.000 salariés qui perdent leur emploi en un jour", explique Jean-Louis Jutan, toujours au chômage, qui fut l'un des représentants syndicaux les plus actifs lors du plan social. "Quand quelqu'un dit 'l'Etat ne peut pas tout', c'est un problème", grince-t-il en allusion à l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin qui, en 1999, avait déclaré face aux plans sociaux à Michelin, qu'il ne fallait "pas attendre tout de l'Etat et du gouvernement". Mais "je ne confonds pas les hommes et les partis", ajoute l'ancien salarié dans un clin d'oeil à la candidate socialiste.
"Cet exemple de salariés maltraités, méprisés, écrasés n'est pas tolérable", s'indigne Ségolène Royal. "Les cellules de reconversion ont eu, pratiquement, très peu d'impact" et les salariés sont "restés sans alternative, sans ressources, sans ressort". "Il va falloir changer les choses en profondeur pour mettre les entreprises devant leurs responsabilités", s'insurge-t-elle. Sa proposition: "sanctionner" le "comportement sans gêne de la part des patrons qui se sentent à l'abri de tout contrôle et de tout rapport de force social".
"Ce n'est pas parce l'usine a fermé qu'on a perdu notre dignité", l'interpelle Maguy Labizel, ancienne de Moulinex. "Depuis cinq ans, tous les jours, on démontre que nous ne sommes pas dépressifs, pas alcooliques et que même s'il ne nous reste que 400 euros pour vivre, nous sommes encore des êtres vivants, debout, et que nous avons encore notre place dans la société", poursuit-elle, la voix vibrante, confiant placer "beaucoup d'espoir" en Ségolène Royal.
Il faut que les "sans-voix, les gens qu'on appelle le petit peuple puissent être reconnus à travers vous et écoutés", demande-t-elle à la candidate. "Vous le serez! J'ai entendu ce message, ce cri", promet celle qui se veut de longue date la candidate de "ceux qui n'ont pas la parole".
"On sera là demain si elle est présidente, on se rappellera à son bon souvenir", prévient, prudente, Marie-Gisèle Chevalier, ancienne salariée du groupe électroménager et représentante CFDT.
Mardi, à Rennes, Ségolène Royal avait déjà rencontré des salariés d'Alcatel-Lucent, groupe qui a annoncé le 14 février la suppression de 1.468 emplois en France. Les deux sites les plus touchés en province sont ceux de Rennes Cesson et Rennes Saint-Grégoire, avec 206 postes menacés. "Cette délocalisation n'a aucun sens et nous devons y résister", s'était ensuite exclamée Mme Royal lors d'un meeting dans la préfecture de l'Ille-et-Vilaine devant plus de 10.000 personnes.
Jeudi dernier, en visite dans la Somme, la candidate de gauche s'était déjà entretenue avec des représentants de l'intersyndicale d'Airbus Méaulte. "L'Etat ne doit pas baisser les bras notamment lorsqu'(il) est actionnaire dans un certain nombre d'entreprises. (...) Il doit se battre", avait-elle alors plaidé.
Désormais, chacun de ses grands meetings sera suivi le lendemain d'une tournée des départements environnants avec, à la clé, un véritable tour de France des délocalisations et licenciements.
Un sujet au coeur des préoccupations de l'apprentie présidente, qui ambitionne de faire de son "pacte présidentiel" un arsenal contre les licenciements boursiers ou abusifs. Les entreprises qui délocalisent ou licencient alors qu'elles font des profits "substantiels" seraient ainsi contraintes de rembourser les aides publiques. "Elles vont réfléchir à deux fois, parce que ça chiffre vite", menace Ségolène Royal, qui entend "sanctionner" les entreprises "sans gêne" mais encourager celles qui créent des emplois ou conquièrent des marchés.
Son programme prévoit également de renforcer le dialogue social pour que les syndicats soient informés "en amont" des stratégies industrielles des entreprises, afin de pouvoir tirer à temps la sonnette d'alarme auprès des pouvoirs publics, en particulier des régions, qu'elle veut mettre "en première ligne" sur l'emploi. "C'est ça qui doit changer, le rapport de force avec les salariés", propose-t-elle, assurant que ceux-ci "sont prêts à des mutations, à comprendre que les marchés évoluent, qu'à un moment les entreprises sont en difficulté".
En cas de rupture d'emploi ou de reconversion, tout salarié bénéficierait d'une "Sécurité sociale professionnelle", qui garantirait 90% du dernier salaire net pendant un an, une formation qualifiante et une aide personnalisée à la recherche d'emploi. Enfin, elle préconise la mise en place d'une agence nationale de réindustrialisation.
(Publié sur le site du Nouvel Observateur)
Étudiant âgé de 22 ans, je suis actuellement la formation du Master II Administration et Droit de l'Action Publique de l'Université de Perpignan-Via Domitia dans l'optique de réaliser un Mémoire portant sur les mutations dans la gouvernance du Comité International Olympique (CIO) et dans l'organisation des Jeux Olympiques.
Élu Représentant Suppléant des étudiants au Conseil d'Administration de l'Université, le 11 Mars 2010, pour un mandat de deux ans, je représente plus particulièrement l'antenne délocalisée de Narbonne.
J'ai ouvert ce Blog en Août 2006 avec la volonté de créer un lieu d'échanges et de réflexions à l'occasion des Primaires Socialistes - en soutien à Ségolène Royal - puis de la Présidentielle de 2007.
Aujourd'hui centré sur l'actualité politique nationale et internationale, ce Blog se développe aussi au travers d'articles thématiques principalement axés sur la Vie Etudiante et l'Actualité du Droit et de la Justice, deux thématiques qui me sont chères au regard de mes études.
Adhérent du Parti Socialiste (Section de Narbonne) depuis 2008, je suis par ailleurs Responsable local du Mouvement des Jeunes Socialistes depuis 2011.
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