Mes amis, mes camarades,
Ce soir, je suis venu vous parler de l’Europe. C'est-à-dire de notre avenir.
La France souffre, les Français souffrent, cela crève les yeux.
Ici, le textile
…
Face à cette souffrance, l’Europe est absente, ou presque.
Comment admettre la fermeture d’usines auxquelles on a donné tant de travail ? Comment admettre la fermeture d’usines qui font des produits de qualité ? Comment admettre la fermeture d’usines qui
gagnent de l’argent ?
Nous savons bien que cela a toujours existé. Nous savons bien qu’il faut faire face plus que jamais à une concurrence qui évolue sans cesse.
Mais aujourd’hui le capitalisme financier, qui fait passer les valeurs financières avant les valeurs humaines, ce capitalisme-là est devenu fou, ce capitalisme-là il est responsable de la crise
qui frappe le monde, ce capitalisme-là nous n’en voulons plus !
Voilà le sens du combat européen, voilà le sens du vote pour le Parlement européen le 7 juin prochain.
Allons – nous continuer avec l’Europe libérale, l’Europe des marchés, celle de Sarkozy et ses amis, ou allons – nous, avec une majorité socialiste, construire une autre Europe, une Europe plus
forte, une Europe qui protège ?
Je sais bien que beaucoup de nos concitoyens n’y croient plus. Et c’est toute la difficulté de notre campagne. Parce que, c’est vrai, même quand les gouvernements de gauche étaient majoritaires
en Europe, entre 1997 et 2002, nous n’avons pas su changer suffisamment le cours de l’Europe. C’est cela qu’il ne faut plus recommencer !
Aujourd’hui, nous n’avons pas la majorité des gouvernements,mais nous pouvons, avec les partis socialistes et socio- démocrates européens, avoir la majorité au Parlement. Et le Parlement
européen, vous le savez, a désormais beaucoup de pouvoirs. C’est le Parlement qui investit la Commission européenne, c’est le Parlement qui peut la renvoyer. C’est le Parlement , avec le Conseil
européen – c'est-à-dire les chefs d’Etat et de gouvernement – qui fabrique les lois européennes. Et les lois européennes, aujourd’hui, c’est 70% des lois qui s’appliquent en
France.
Pour la première fois dans l’histoire, les 27 partis socialistes et socio – démocrates d’Europe ont adopté un programme commun, le Manifesto.
Si le 7 juin nous avons la majorité, avec la gauche européenne, nous savons ce que nous ferons. Nous le disons et nous le ferons !
Devant les Françaises et les Français, devant les Européens, nous prenons trois engagements :
Premier engagement :
Un plan de relance massif, coordonné, européen, pour stopper les destructions d’emploi et pour augmenter le pouvoir d’achat.
Il tombe sous le sens que ce qui a été fait jusqu’à présent n’est pas à la mesure de la crise.
Il ne passe pas de semaine, il ne se passe pas de journée sans que soient annoncées de nouvelles suppressions d’emplois, de nouvelles fermetures d’usines. Hier … aujourd’hui …
Nicolas Sarkozy n’arrête pas de se congratuler pour la présidence française de l’Union européenne. Mais
quelle amélioration, quel progrès cela a-t-il apporté dans votre vie, dans votre travail, pour votre pouvoir d’achat ?
Avec Nicolas Sarkozy, c’est l’Europe du chacun pour soi. Avec les socialistes c’est l’Europe solidaire, c’est l’Europe tous ensemble !
Deuxième engagement :
Un pacte européen de progrès social
- Là où la droite a institué un bouclier fiscal au profit des plus riches, le Parlement européen mettra en place, au bénéfice de tous, un bouclier social qui empêchera tout recul des lois sociales en Europe.
- Contre le dumping social, contre la concurrence inégale, le Parlement européen proposera qu’un salaire minimum soit institué dans chaque pays européen.
- Pour construire une Europe sociale, le Parlement européen fixera des objectifs et des
normes pour les politiques de solidarité, de santé et d’éducation menées dans chaque pays.
Troisième engagement :
Une croissance verte
La croissance verte, c’est l’avenir, pour lutter contre le changement climatique, pour développer un nouveau
modèle de développement, pour créer des emplois non délocalisables dans le bâtiment, les transports, les énergies renouvelables. Nous voulons bâtir une Europe de l’énergie, une politique
énergétique commune (approvisionnement), une Europe de l’efficacité énergétique.
Dans cette perspective, nous proposons un programme de grands travaux européens : les TGV transeuropéens, à réaliser au plus vite, comme la liaison Lyon – Montpellier – Barcelone – Madrid –
Lisbonne, un GPS européen pour ne plus dépendre des Etats-Unis. C’est le projet Galileo, auquel s’intéressent le Brésil, la Chine et l’Inde. Un réseau européen Internet à haut débit et un appui
de l’Europe au développement du haut débit dans les zones rurales.
La croissance verte, c’est mettre les besoins des citoyens et l’économie réelle au premier rang. C’est pourquoi nous ne nous satisfaisons pas des intentions de Nicolas Sarkozy sur les paradis
fiscaux. Nous, c’est simple, c’est clair, nous voulons les interdire ! Et d’abord sanctionner les entreprises françaises et européennes qui y recourent.
Nous ne nous contenterons pas de vagues promesses sur les fonds de placement : nous voulons qu’ils soient transparents et contrôlés !
Nous refusons le traitement par le mépris des travailleurs et des syndicats : nous voulons qu’ils aient plus de pouvoir, beaucoup plus de pouvoir dans l’entreprise !
Si la gauche européenne gagne ces élections – c’est difficile, ce n’est pas impossible – alors nous pouvons donner un autre visage à l’Europe.
Aujourd’hui, le visage de l’Europe, c’est souvent l’Europe absente. Il était où Sarkozy, elle était où, l’Europe quand Arcelor – Mittal a décidé de fermer Gandrange
?
Et pourtant, l’Europe peut agir pour faire plier les patrons qui ne respectent pas leurs engagements, les patrons – voyous. Commençons par exiger le remboursement des aides publiques en cas
d’engagement non tenu ou de délocalisation boursière !
Il y a l’Europe absente, et puis il y a l’Europe ridicule. Celle qui prétend que le vin rosé se fabrique en mélangeant du vin rouge avec du vin blanc ! Celle qui veut supprimer, on se demande
pourquoi, les plaquettes de beurre de 250 grammes, ou la farine en paquet de 1 kilo. On risque de se retrouver avec des plaquettes de beurre de 235 grammes ou des paquets de 908 grammes. Le prix,
officiellement, n’aura pas changé. En réalité, il aura augmenté !
Mais il y a aussi l’Europe que l’on aime.
Celle qui protège. Grâce à l’Europe, nos enfants ont des jouets plus surs – c’est l’étiquette CE - Grâce à l’Europe, nous mangeons des steaks garantis sans hormones, même quand ils viennent des
Etats-Unis. Grâce à l’Europe, les prix des communications avec les téléphones mobiles sont plafonnés.
Grâce à l’Europe, mais il a fallu que le Parlement se batte, à la suite de la catastrophe de l’Erika, il y aura des inspections régulières sur les navires qui transportent du pétrole. Grâce à
l’Europe, et là encore c’est le Parlement qui a emporté la décision, les fabricants de 30 000 produits chimiques susceptibles d’être dangereux devront prouver qu’ils sont inoffensifs –
c’est la directive REACH, et vous imaginez la bataille qu’il a fallu mener contre les lobbies !
Grâce à l’Europe et à la Confédération européenne des syndicats, les droits des salariés commencent à être améliorés : meilleure égalité entre hommes et femmes – qui a conduit à modifier le droit
français - protection des travailleurs qui sont devant un écran d’ordinateur – là encore, la loi européenne a amélioré la loi française - droit à un congé annuel payé d’au moins quatre semaines
…
Mais c’est la droite française et européenne, avec le Modem, qui a voté contre l’allongement du congé maternité ! C’est la droite et le Modem qui ont voté pour la dérégulation des chemins de fer
et de la Poste ! C’est la droite et le Modem qui ont refusé la proposition du Parti Socialiste Européen d’un salaire minimum dans chaque pays européen !
C’est la droite qui en France veut inventer le travail à domicile pour les salariés malades ou les femmes enceintes !
Ce qui me rend triste, c’est que ceux qui risquent de ne pas voter le 7 juin sont souvent les victimes de l’Europe libérale, les ouvriers licenciés, les jeunes sans perspective
d’avenir.
A nous de les convaincre que chaque voix qui manque aux socialistes, c’est une voix donnée à la droite, c’est une voix pour que rien ne change.
Je parlais tout à l’heure de l’Europe qui protège. A ce sujet, il faut aborder franchement la question du protectionnisme. Le protectionnisme, dans la pensée dominante, c’est un mot tabou. Pour
beaucoup d’économistes, protectionnisme égale nationalisme, protectionnisme égale guerre commerciale. Et de rappeler – ce qui est vrai – que les réactions protectionnistes ont aggravé la crise de
1929. Et c’est vrai aussi qu’un quart des travailleurs français travaillent pour l’exportation. Et c’est vrai encore que le développement des échanges peut être bénéfique aux pays moins avancés,
qui ainsi progressent, et peuvent devenir des clients plus que des concurrents.
Mais allez-donc expliquer tout cela aux travailleurs licenciés, aux travailleurs dont les usines ferment, aux travailleurs délocalisés ! Il ne suffit pas de leur parler – même si c’est important
- de la sécurité sociale professionnelle, ou de « transitions » anticipée et négociées.
Je l’ai déjà dit, je n’ai pas d’enthousiasme pour la formule du « juste échange » que nous avons mis dans notre programme. Disons plus simplement que le protectionnisme ne peut pas s’envisager au
seul niveau français. Qu’il faut d’urgence à l’intérieur de l’Europe une harmonisation fiscale et sociale. Mais disons aussi que les mêmes règles doivent s’appliquer aux produits qui entrent en
Europe, qu’à ceux que nous produisons. Les mêmes règles, c'est-à-dire les mêmes sécurités, les mêmes normes sociales et environnementales.
Bien sur que c’est difficile ! Mais nous n’élisons pas nos députés européens pour qu’ils fassent les choses faciles !
Pratiquement, comment faire ? Il s’agit de taxer plus ou moins fortement, les produits importés qui ne respectent pas les normes sociales ou environnementales. Cela ne peut se faire du jour au
lendemain. Cela suppose des négociations, qui seront ardues.
Mais il faut que l’Europe s’y engage résolument. D’autant que je préconise non pas un protectionnisme « bête et méchant » mais un protectionnisme correctif, citoyen, altruiste . Le produit
des taxes à l’importation ainsi perçu pourrait être reversé aux pays moins avancés pour les aider dans l’amélioration de leur environnement et de leurs normes
sociales.
L’objectif, sans restreindre les échanges, c’est de ne pas faire du tout - échange une loi absolue et universelle. Je suis résolument partisan d’une plus grande auto-suffisance alimentaire : ce
serait bénéfique pour les paysans des pays en développement, pour nos paysans… et pour la planète grâce à la diminution des transports et des congélations.
La PAC, la politique agricole commune, doit être défendue. Mais aussi profondément réorientée au bénéfice de la petite et moyenne paysannerie, de l’agriculture durable, du développement local. On
vient - enfin ! - de publier les listes des bénéficiaires de la PAC.
En France, parmi les vingt premières, aucun n’est agriculteur ! Le premier est Doux le producteur de poulets, qui a bénéficié l’an dernier de 62 824 449 euros ! Dans la liste, on trouve beaucoup
de compagnies sucrières.
L’objectif doit être simple – avec les transitions nécessaires : arrêter de subventionner l’agriculture à l’exportation !
J’en viens à ma conclusion.
****************
A huit jours du scrutin, les indécis se posent évidemment la question : pour qui voter ?
Vous pouvez voter pour d’autres forces de gauche ou d’extrême gauche, ou pour les Verts.
Nous partageons souvent les mêmes critiques du monde actuel et les mêmes espoirs pour le monde à venir.
Ce sont des partenaires et pour certains des alliés. Mais la mécanique de calcul des sièges fait que, selon les circonscriptions, les listes qui auront moins de 5% des voix n’auront pas de
députés.
Certains autour de vous peuvent être tentés par le MODEM. J’ai dit comment le MODEM – inscrit au groupe libéral du Parlement européen, votait le plus souvent. Leur image de marque, c’est François
Bayrou. Le programme de François Bayrou, c’est François Bayrou.
Son horizon, ce n’est pas le 7 juin 2009, c’est 2012 !
Peut-être rencontrerez-vous aussi des électeurs qui veulent voter UMP. Alors, qu’ils ne s’y trompent pas, qu’ils sachent pour qui ils vont voter. D’après le Canard Enchaîné, Nicolas Sarkozy a été
très clair : « la vraie tête de liste, c’est moi. Les autres sont des têtes de nœuds ».
L’Europe que nous voulons bâtir, l’Europe que nous allons bâtir, tous ensemble, ce n’est pas l’Europe de Monsieur Sarkozy ou de Monsieur Berlusconi.
C’est l’Europe des peuples, celle qui était dans la rue de toutes les capitales d’Europe pour dire non à la guerre en Irak.
C’est l’Europe des «Conti » de Clairoix, manifestants en Allemagne côte à côte avec les ouvriers allemands : « On voudrait mettre en concurrence, mais nous sommes mains dans la main, poing
dans le poing, Français, Allemands, Européens ! »
Alors, c’est vrai, la droite est en tête des sondages. Mais je vous le dis, avec confiance, je vous le dis avec force, je vous le dis avec enthousiasme : « que la droite gagne les sondages, nous,
nous gagnerons les élections ! »
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-> Publié sur le site
officiel de Ségolène Royal, "Désirs
d'Avenir"
Étudiant âgé de 23 ans, je suis actuellement la formation du Master II Administration et Droit de l'Action Publique de l'Université de Perpignan-Via Domitia dans l'optique de réaliser un Mémoire portant sur les mutations dans la gouvernance du Comité International Olympique (CIO) et dans l'organisation des Jeux Olympiques.
Élu Représentant Suppléant des étudiants au Conseil d'Administration de l'Université en 2010, je suis réélu en 2012 et représente plus particulièrement l'antenne délocalisée de Narbonne.
J'ai ouvert ce Blog en Août 2006 avec la volonté de créer un lieu d'échanges et de réflexions à l'occasion des Primaires Socialistes - en soutien à Ségolène Royal - puis de la Présidentielle de 2007.
Aujourd'hui centré sur l'actualité politique nationale et internationale, ce Blog se développe aussi au travers d'articles thématiques principalement axés sur la Vie Etudiante et l'Actualité du Droit et de la Justice, deux thématiques qui me sont chères au regard de mes études.
Adhérent du Parti Socialiste (Section de Narbonne) depuis 2008, je suis membre de l'équipe de campagne de Marie-Hélène Fabre, candidate aux Législatives 2012 sur la deuxième circonscription de l'Aude.
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