Russie-Europe: vers une relation équilibrée ?
Publié sur le site officiel "Désirs d'Avenir" - rubrique 'Le Blog' par Ségolène Royal
Lundi, les 27 Etats-membres de l’Union européenne sont parvenus à un consensus sur l’attitude à tenir vis-à-vis de la
Russie. Les négociations sur le nouveau partenariat stratégique UE-Russie sont donc gelées jusqu’à ce que Moscou retire ses troupes de
Géorgie.
Les positions communes de l’UE en matière de politique étrangère sont difficiles à obtenir : on ne peut donc que se féliciter de l’unité qui s’est exprimée lundi. Cela n’empêche pas de
s’interroger sur l’avenir du partenariat russo-européen.
C’est un régime autoritaire qui s’est clairement installé à Moscou. L’élection récente de Dmitri Medvedev ne masque en rien la continuité de ligne qui prévaut aujourd’hui à Moscou, continuité
d’autant plus forte que Vladimir Poutine demeure l’homme fort de la Russie.
Au fond, la nostalgie impériale exprimée récemment dans les affaires caucasiennes n’est que l’illustration sur le plan international d’un raidissement du
pouvoir déjà bien affirmé dans les affaires intérieures, avec le musèlement de l’opposition, le recours aux assassinats politiques (n’oublions jamais le sacrifice d’Anna Politkovskaïa) et le rôle
croissant du FSB, les services secret héritiers du KGB.
Il n’est bien sûr pas question d’humilier la Russie ni de l’isoler : cela ne ferait que renforcer la tendance autoritaire du régime russe. Les
Européens membres de l’OTAN doivent notamment faire entendre leur voix au sein du Conseil Atlantique : nous ne pouvons donner l’impression que l’Alliance cherche à constituer un glacis autour des
pays qui constituent l’ « étranger proche » de la Russie.
Pour autant, il est également de notre devoir de faire entendre raison à la Russie, en matière de droits de l’homme et de respect du droit international. Et pour cela, nous aurions torts de
négliger les armes de pression dont dispose l’Union.
La Russie ne peut se permettre de froisser celle qui est, de loin, son premier partenaire commercial. La preuve ? Les soubresauts de la Bourse de Moscou au moment de l’entrée des troupes russes
en Ossétie du Sud ont fait frémir les milieux d’affaires. Le rôle de « tampon » que joue l’Europe entre la Russie et les Etats-Unis doit également inciter Moscou à rester prudent dans ses
relations avec le Continent.
L’Europe a donc un rôle positif à jouer vis-à-vis de la Russie, pour peu qu’elle s’attaque aujourd’hui à ses propres points faibles : une politique de
défense quasi inexistante et nécessaire à sa crédibilité sur le plan international ; une politique énergétique commune encore mal définie. L’UE demeure en effet dans une situation de grande
dépendance énergétique, qui la fragilisera tant qu’elle n’aura pas réussi à diversifier ses importations en pétrole et en gaz.
Qu’on se le dise : la Russie a besoin de l’Europe autant que l’Europe a besoin de la Russie. Que l’Europe réduise sa dépendance et elle pourra construire un partenariat équilibré avec Moscou, lui
permettant de dire aux Russes ce qui doit être dit, avec fermeté, mais aussi avec la volonté de construire un partenariat à long terme. Un beau défi!
Agé de 20
ans, j'ai obtenu il y a deux ans, un Baccalauréat Economique & Social (SES). Je suis actuellement étudiant en 3e année de Droit à la Faculté de Droit & des Sciences
Economiques de Narbonne (11).
J'envisage une carrière politique et/ou dans le domaine du Droit Public.
Ouvert depuis plus de trois ans, ce blog est un lieu d'échanges et de réflexions.
Je rédige régulièrement des Billets d'Humeur centrés sur l'actualité nationale et internationale,
avec aussi mes points de vues et mes propositions dans plusieurs domaines de société (éducation, environnement, social, sport...).
Je propose également un suivi de l'actualité du Parti Socialiste, dont je suis adhérent depuis le
mois de mars 2008. Vous trouverez aussi des articles basés sur le parcours de Ségolène Royal,
candidate socialiste à l'élection présidentielle de 2007. Femme de terrain, elle met en pratique la politique "par la preuve", notamment dans la région qu'elle préside; le Poitou-Charentes.
Enfin, mon blog fait une place particulière à l'actualité locale, à savoir la vie politique et publique en Languedoc-Roussillon ainsi que les actions du Conseil Régional
(2004-2010).
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