Pseudo diffamation,
vraie menace sur la liberté d'expression
Par Henri Moreigne
Deux jeunes du Mouvement des Jeunes Socialistes Creusois sont poursuivis pour diffamation publique par le député local UMP, Jean Auclair. Leur crime, avoir créé un blog dont le nom est évocateur anti-auclair.com qui met en exergue les nombreux dérapages du parlementaire. Cédric Chenot et Marie Jeandarme comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Guéret le 28 février prochain.
Malgré le redoux, il souffle un vent sibérien sur les steppes creusoises.
Dans cette terre traditionnellement de gauche, le député de la 2ème circonscription se rêve en Poutine local. Usant et abusant de son statut de
parlementaire et de responsable départemental de l’UMP, Jean Auclair, qui revendique ses entrées dans les sphères du pouvoir, n’aime pas la contradiction.
Le personnage haut en couleur, ancien maquignon, est craint. Derrière un aspect folklorique qui lui a valut quelques articles dans le Canard Enchaîné, le député s’est constitué une certaine réputation sur les bans de l’Assemblée. Fort en gueule et gestes obscènes, on retiendra de lui ce fameux “à poil” éructé bruyamment à l’encontre de Ségolène Royal. Dans ce registre sympathique les représentants de l’Etat dans le département ont appris à faire profile bas. Le député se fait fort de régler son compte au malheureux fonctionnaire qui ne ferait pas allégeance.
C’est dans ce contexte, que deux jeunes du MJS creusois lancent à l’occasion des dernières présidentielles et législatives un blog. Consacré à Jean Auclair, ce site Internet à pour seule vocation de révéler au grand public et de tourner en dérision les actes et paroles du député. Face à ses propres débordements, M. Auclair a déposé plainte pour diffamation publique. Contre toute attente, le parquet puis le juge d’instruction ont donné suite. Durant l’instruction, les deux jeunes ont assumé l’entière responsabilité de leurs propos diffusés par le blog, leur déniant tout caractère diffamatoire au nom de la liberté d’expression et du droit à la satire. Leur site n’est pas un fleuve de bile. Au contraire, il traite avec beaucoup d’humour du manque de tenue du représentant du peuple. Une tendance très actuelle... Ce genre d’affaires se multiplie. L’affaire, malgré sa couleur locale, nous concerne tous. Cédric et Marie ce ne sont certes pas Sacco et Vanzetti et pourtant. La décision de justice sera très attendue par tous les blogueurs. C’est de la liberté d’expression qu’il va être question au prétoire.
On pouvait légitimement penser qu’implicitement toutes les leçons avaient été tirées du feuilleton judiciaire de monputeaux.com le blog de
Christophe Grébert. Contrairement à ce qu’affirmaient de mauvaise sirènes, on ne peut que se féliciter de la bonne tenue de la blogosphère.
Comme partout, à la marge, des dérapages existent mais ils sont le fait d’une
extrême minorité. C’est aujourd’hui cet espace de liberté qui est une nouvelle fois menaçé. Les rouages de la justice sont toujours un tourment même si au
final, on peut espérer, en l’espèce, la relaxe.
Comme je l’écrivais à Cédric et Marie, ne perdez pas courage, vous n’êtes pas seuls. Toute démocratie a besoin d’une jeunesse impertinente. En résumé ”allez les petits”.
Vous pouvez apporter votre soutien à Cédric et Marie soit directement par mail, soit en rejoignant leur comité de soutien.
Etudiant âgé de 21 ans, je suis diplômé d'un Baccalauréat mention "Economie & Social" (SES) obtenu en 2007. Je suis également titulaire d'une Licence de Droit (mention Assez Bien) obtenue en 2010 à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de Narbonne.
A compter de
la rentrée prochaine, j'intégrerai l'Université de Perpignan pour un Master de Droit Public avec en parallèle, le Pré-CAPA de l'IEJ de Perpignan, en vue de préparer le Concours d'Aptitude à
la Profession d'Avocat (CAPA).
J'ai été élu Représentant Suppléant des étudiants au Conseil d'Administration de l'Université Perpignan-Via Domitia, le 11 Mars 2010 pour un mandat de deux ans.
Pour me contacter
"Comment obtenir un référendum sur la réforme des
retraites?
Comme le prévoit l'article 11 de notre
Constitution, un référendum peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales.
Cela signifie que les parlementaires de la gauche, soutenus par plus de 4 millions de Français peuvent imposer la tenue d'un référendum d'initiative populaire sur les retraites.
Pour cela, c'est simple, indiquez vos noms, prénoms, adresse email, et commune d'inscription sur les listes électorales"
Les Commentaires