Vendredi 26 juin 2009
5
26
/06
/Juin
/2009
08:30
La surprise ne réside pas dans la réalisation
d'une telle enquête mais dans la communication organisée par le PS à ce sujet.
Cette décision prise et assumée par le PS est l'occasion d'un point global technique sur la place des enquêtes d'opinion dans la vie publique.
Procéder à une enquête d'opinion c'est d'abord une preuve d'humilité.
Cette démarche traduit la volonté de mieux connaître et mieux écouter autrui sans avoir la conviction inébranlable de connaître déjà ce qui est bon et
nécessaire.
C'est ensuite la garantie d'un sens du service au public. La bonne identification des attentes d'autrui est la meilleure façon pour parvenir à les satisfaire.
C'est surtout le témoignage d'un pragmatisme qui est l'étape préalable de toute efficacité dans les circonstances actuelles.
Une nouvelle citoyenneté est née.
Cette nouvelle citoyenneté porte 5 caractéristiques qui sont autant de justificatifs à la mise en oeuvre d'enquêtes d'opinion.
- 1er constat : le désir de citoyenneté est devenu moins fort. Le rejet de la vie politique est tel que la tentation du détachement est de plus en plus pressante. Ne pas
connaître les attentes d'une opinion, c'est prendre le risque d'augmenter les incompréhensions et d'accroître les abstentions.
- 2ème constat : l'indépendance d'esprit a pris le pas sur le prêt à penser des grands blocs politiques. Cette évolution est la marque de deux facteurs. La perte de
légitimité des partis diminue d'autant leur audience et leur influence. C'est surtout le fruit d'une opinion qui a gagné en autonomie d'information, de réflexion, d'analyse. Ne pas connaître
" son " opinion publique c'est s'en remettre à des considérations générales qui ont de grands risques d'être erronées.
- 3ème constat : le citoyen est mort , vive l'individu. La notion de citoyenneté portait en elle une conception de dépassement de l'individu qui serait capable de
s'extraire de ses considérations particulières pour penser d'abord aux intérêts de la Cité. Cette époque est finie. L'individu a pris le dessus sur le citoyen. Il faut accepter cette
individualisation pour aller vers un langage qui corresponde à cette évolution fondamentale.
- 4ème constat : le zapping s'accélère. Ce phénomène qui touche tous les secteurs de la vie collective dont la consommation quotidienne traduit la volonté d'optimiser ses
gains personnels. Ce zapping peut être présenté ou perçu comme une forme préoccupante instabilité. Ce n'est pas le cas. C'est d'abord la recherche de l'optimisation des opportunités d'une vie.
Cette évolution change totalement le positionnement du bilan. Les électeurs savent que ne pas reconduire une équipe n'équivaut pas à la disparition de ses dernières réalisations. Ces réalisations
sont acquises une fois pour toutes. Si de nouvelles opportunités s'offrent à eux, ils les saisiront.
- 5ème constat : d'abord le pouvoir de dire non. Un effort de pédagogie sera de plus en plus nécessaire pour éviter qu'une proposition ou qu'un élément ne devienne
l'épouvantail qui fasse basculer l'élection en mobilisant d'abord les non.
Ces 5 constats constituent autant de raisons de recourir régulièrement à des enquêtes d'opinions.
Seules de telles méthodes permettent de suivre les changements, d'améliorer la réactivité, donc de rester à l'écoute de la population.
Si l'enquête d'opinion est un outil de démocratie moderne, cela suppose aussi de la considérer comme d'abord un facteur d'analyses et non pas principalement
comme un indicateur de résultats électoraux.
Le résultat électoral c'est " l'arrivée en gare ". L'enquête d'opinion, c'est le choix de l'itinéraire, de l'ensemble du processus pour prendre le bon ticket pour arriver à
la " bonne gare au bon moment ". Cette comparaison montre, si besoin était, l'utilité pratique des enquêtes d'opinions.
Dans bon nombre de pays étrangers qui incarnent une logique d'efficacité, aucune équipe de campagne ou de communication n'est concevable sans une cellule
" opinion " très structurée qui constitue un pôle prioritaire de l'organisation.
Des étapes distinctes d'analyses de l'opinion doivent être conçues.
Chacune de ces étapes a sa logique. Pour que l'utilité de ces enquêtes soit respectée, il importe d'intégrer dès l'origine un " noyau dur " de questions. L'intérêt de la succession
d'enquêtes dans le temps n'existe qu'à la condition de pouvoir comparer le positionnement de l'opinion, trimestre par trimestre par exemple.
Pour que cette comparaison soit possible encore faut-il que des indicateurs constants aient été mis en oeuvre.
L'un des enjeux majeurs de la communication publique française c'est d'intégrer qu'aujourd'hui et dans de nombreux domaines l'opinion publique va plus vite que les outils classiques de
communication politique. De ce décalage naît un redoutable risque de désintérêt, d'inefficacité.
L'enquête d'opinion répond finalement à un souci prioritaire : donner les clefs pour comprendre.
____________________
-> Article publié sur
le site d'analyse et de communication politique Exprimeo.fr
0
Vendredi 19 juin 2009
5
19
/06
/Juin
/2009
14:30
Cette fois, la question est posée de pour de bon. Le rapport remis jeudi 18 juin par la commission co-présidée par Arnaud Montebourg, secrétaire national à la rénovation, et Olivier Ferrand, président de la
fondation Terra
Nova, réclame ouvertement « des primaires ouvertes et populaires en 2011 ».
Les représentants de Ségolène Royal, de Martine Aubry, du Pôle écologique, de Benoit Hamon et de Pierre Moscovici ont voté pour. Personne n’a voté
contre. Le missi-dominici de François Hollande n’a pas pris par au vote, celui de Laurent Fabius n’a même pas pris la peine de se déplacer et celui de Bertrand Delanoë, pris en sandwich
entre l’orthodoxie jospinienne et l’attitude beaucoup plus ouverte de Bertrand Delanoë, n’a eu d’autre choix que de dégager en touche en plaidant « l’abstention
constructive ».
Signé par les deux co-présidents, le préambule de cet appel du 18 juin ne manie pas la langue de bois. Extraits : « Aucune des fonctions vitales
(production d’idées nouvelles, opposition au pouvoir, mobilisation électorale) que devrait assumer le parti n’est plus correctement exercée (…). Aucun leader « naturel » ne s’est imposé
et nos institutions ne permettent pas de choisir entre nos nombreux talents – au contraire, elles les broient ». Le schéma général avancé par ce rapport s’inspire de réflexions déjà connues
et relativement consensuelles. Ouvrir des listes électorales sur la base du volontariat, s’efforcer d’associer toute la gauche de gouvernement (de Mélenchon à Chevènement),
définir les règles du jeu « à froid », lancer la discussion sur le programme du PS en 2010 et mettre à profit les primaires pour trancher en 2011 les questions qui demeurent en débat.
Objectif : ne plus avoir à subir la contradiction mortifère entre le programme du parti et celui du candidat.
La principale nouveauté vient de la façon dont la commission propose de régler la question, ô combien délicate, de la pré-selection. Comment en effet, « écrémer » les candidatures à la
candidature ? L’idée avancée est la suivante : ne pas imposer un seuil trop exigeant, quitte à ce qu’une quinzaine de prétendants se présentent sur la ligne de départ. Un round initial en trois phases serait mis en place. Un premier tour de vote éliminatoire dans dix départements permettrait de retenir les candidats ayant dépassé le
seuil de 5% des voix. Puis, un second tour aurait lieu dans vingt autres départements en retenant le seuil de 10% puis un troisième tour sur le reste du territoire en ne retenant que ceux qui
dépasseront les 15%. Evidemment, la première phase de ce marathon démocratique apparaît assez baroque. On entend déjà les commentaires sarcastiques de ceux qui jugent que le
projet de primaires est mort-né. Les auteurs du rapport se disent prêts à discuter de ces modalités et considèrent que ces considérations pratiques ne doivent pas occulter l’essentiel du débat.
Au moins, on ne pourra pas dire que les socialistes sont dénués d’imagination. Au final, on se retrouverait au premier tour des primaires proprement dites
avec quatre ou cinq candidats avant le face à face ultime du deuxième tour, en juin 2011.
L’organisation de primaires ouvertes représenterait un véritable big-bang.
D’abord, une telle consultation introduirait une rupture avec la conception – implicite mais solidement ancrée - du parti élitaire. Le PS ne
désignerait plus tout seul son champion et ferait arbitrer par ses sympathisants les débats programmatiques portés par les différents candidats. On peut espérer, suivant l’exemple du parti
démocrate américain lors du parcours de Barack Obama, que la mobilisation de millions de sympathisants permettra d’impliquer dans la campagne présidentielle une « masse » de militants, bien au
delà du seul cercle des adhérents du PS.
Ensuite, les primaires traduiraient la conversion officielle des socialistes à la logique institutionnelle de la V ème République (la présidentielle est la mère de toutes les élections et faut
donc s’organiser en conséquence). Le fait qu’Arnaud Montebourg se fasse le porte-drapeau de la croisade des primaires est révélateur de cette évolution. Enfin, ces fameuses primaires engageraient
réellement le PS sur la voie de son « dépassement » - pour reprendre un mot très en cour parmi les socialistes depuis quelques jours. En effet, s’il veut convaincre ses partenaires
de participer à la primaires (c’est à dire, très probablement, d’accepter de perdre la compétition au profit d’un socialiste), il lui faudra sérieusement composer avec le reste de la gauche.
C’est à dire se mettre d’accord sur un programme et accepter de sacrifier nombre de circonscriptions législatives.
La question des primaires est donc posée. Reste à savoir si le débat pourra vraiment s’ouvrir dans les instances dirigeantes entre ceux qui y voient un bain de jouvence et ceux qui, au
contraire, s’attendent à une douche écossaise. Les premiers y ont tout intérêt. Les autres ont l’intention de jouer la montre.
Jean-Michel Normand
____________________
-> Article publié sur
le blog "Puzzle Socialiste" du journal "Le Monde"
0
Vendredi 12 juin 2009
5
12
/06
/Juin
/2009
20:30
Les mauvaises nouvelles s’accumulent sur le front de l’emploi. Après les mauvais chiffres des évolutions du
nombre de demandeurs d’emploi et du taux de chômage, c’est au tour des destructions d’emplois de s’envoler. Le premier trimestre 2009 marque un triste
record, 192.500 emplois ont été détruits dans les secteurs marchands, ce qui représente une chute de 1,2%. Tous les secteurs d’activité sont touchés et les destructions d’emplois dans l’intérim
ne suffisent plus à expliquer ce recul.
Malgré ce record, le gouvernement n’agit toujours pas. D’ores et déjà, on peut dire que le quinquennat de N. Sarkozy restera dans l’histoire comme celui de l’inaction face à la plus grave crise
économique et sociale depuis les années 30.
Pourtant les solutions existent. Ce sont celles que le Parti socialiste a proposées dans son plan de relance, en concertation avec les syndicats. Il est nécessaire de prolonger de 6 mois la durée d’indemnisation sur la base de 80 % du salaire ; d’étendre les contrats de transition
professionnelle à l’ensemble des bassins d’emploi et de porter la durée d’indemnisation à deux ans ; d’augmenter le coût des licenciements pour les entreprises qui versent des dividendes ou
rachètent leurs propres actions.
Communiqué d'Alain Vidalies
Secrétaire national au Travail et à l'Emploi
0
Vendredi 12 juin 2009
5
12
/06
/Juin
/2009
17:30
Dans sa décision de censurer le dispositif de sanction de la loi HADOPI, le Conseil constitutionnel reconnaît la validité des arguments de tous ceux, notamment des parlementaires socialistes à l’origine du recours, qui se sont mobilisés
contre ce texte contraire à la Constitution française. Une autorité administrative ne peut décider seule de couper l’accès à Internet.
Cette décision souligne l’impasse dans laquelle s’est engagé le gouvernement. Au lieu d’inventer les nouveaux modes de rémunération de la création adaptés à
la société numérique, il a choisi de s’enfermer dans une posture répressive et archaïque. Les libertés étaient attaquées. La création n’était pas
aidée.
Aujourd’hui, le vide juridique reste entier par la faute du gouvernement.
La loi doit être entièrement réécrite avec le double objectif de garantir le financement de la Culture et de préserver les libertés des internautes. Le Parti
socialiste organisera après l’été des états généraux de la Culture pour mener à bien ce débat et faire des propositions alternatives afin de rassembler internautes et des professionnels de la
Culture.
Communiqué du Parti Socialiste
0
Lundi 8 juin 2009
1
08
/06
/Juin
/2009
14:30
21h15, un discours « de lucidité et de vérité ». Martine Aubry a d’abord pointé « la responsabilité
collective de tous les partis et de tous les gouvernements », dans le fait que « l’Europe n’est pas apparue comme une solution ».
Dans ce contexte, la Première secrétaire a appelé le président de la République à « renoncer à donner un nouveau tour de vis social dans notre pays ». « Unité, rénovation de nos idées, rénovation
de nos pratiques, rassemblement de la gauche : ce sont les tâches majeures auxquelles nous devons nous atteler dès demain » a conclu Martine Aubry, demandant aux Français « de garder espoir et
confiance dans le Parti socialiste et dans la gauche ».
0
Derniers Commentaires